L’importance de l’implication

Peu de temps après avoir obtenu le permis de conduire, mon frère conduisait dans une rue de Madrid, cherchant une place pour garer. Tout à coup, en pleine manœuvre, le moteur s’arrêta, bloquant complètement la voiture au milieu de la rue. Le volant ne tournait ni à droite, ni à gauche.

Seul un miracle pouvait nous sortir de là. En un instant, dans une rue complètement vide, plusieurs personnes sont venues nous aider. Ensemble, ils soulevèrent le véhicule et le sortirent de la rue assez rapidement sans bloquer le trafic. Après nous avoir aidé de manière désintéressée, tous ces inconnus disparurent avant même que nous ayons le temps de leur dire merci.

Depuis ce jour, mon frère et moi, nous souvenons de cette expérience comme d’un miracle du Seigneur, qui nous a sorti d’un moment de crise à travers la générosité d’autres personnes.

Pour parvenir à la réussite, certaines actions doivent être réalisées de manière collective. Ainsi, je continue à me demander pourquoi dans nos églises le travail individuel est mis en avant au détriment du travail de groupe, pourquoi la personnalité d’un leader semble, par moment, noyer les dons et les compétences des membres d’église, pourquoi finalement les plans individuels ou d’un petit nombre peuvent échouer.

Implication contre individualisme

Il est sûr, assez souvent, pour une personne qu’il est souvent plus bénéfique de briller en solitaire. C’est d’ailleurs la tendance de la société actuelle. Pourtant, tout ne peuvent pas au devant de la scène. Par exemple, les danseurs qui accompagnent un chanteur sur scène sont là pour l’aider à accomplir sa performance, mais ne doivent jamais chercher à briller sous la lumière ou de prendre la place du chanteur. De la même manière, il est inhabituel qu’un figurant apparaissant quelque seconde mangeant un hot-dog dans une scène d’un film à succès remporte un Oscar. Bien que partie prenante du film, sa mission consiste à apparaitre dans une scène pour apporter du réalisme à la scène, mais il n’a pas à se mettre en avant ou à jouer le rôle de l’acteur principal.

Nous sommes tellement accoutumés à nous laisser guider par des leaders de parole ou d’actes puissants que nous nous attendons que notre prochain pasteur sera l’un d’eux, mais nous avons mis de côté notre propre responsabilité comme leaders, référents ou collaborateurs. Nous nous permettons de travailler seul, au lieu de travailler en équipe, ce qui semble étrange pour les disciples d’un Maître qui a été caractérisé par sa capacité à partager et à déléguer des travaux ministériels aussi exigeants que la guérison, l’expulsion des démons ou le baptême.

Dans la majorité des cas, dans les récits bibliques, l’individualisme dérive en comportements anormaux qui minent les capacités humaines qui permettent d’être serviteurs du Christ. Parmi ces attitudes, nous pouvons mettre en évidence :

  1. Le serviteur dépressif. Des fois, notre service solitaire à Dieu se développe en cécité spirituelle et même en orgueil mal dissimulé. Ce fut l’expérience d’Elie, prophète
    des grands miracles, qui après une brève période de dépression, arriva à se considérer comme l’ultime bastion de défense du message divin, comme nous le
    lisons dans 1 Rois 19:14. Cependant, dans la tristesse d’Elie, il y a aussi beaucoup de fierté. A tel point que le Seigneur lui montre, qu’à ses côtés, il y a sept mille prophètes fidèles qui ont su résister à la pression d’Achab et Jézabel (Verset 18). Il a compris qu’il n’avait pas été abandonné, et Dieu l’a aidé non seulement à redémarrer son ministère avec des forces renouvelées, mais lui fait aussi savoir qu’il allait aussi rencontrer un collaborateur en la personne d’Elisée dont la compagnie enrichirait son ministère.
  2. Le psychopathe spirituel. En d’autres occasions, l’individualisme n’est rien d’autre que le manque évident d’empathie au moment de partager le message du salut. En d’autres termes, nous préférons travailler seul que mal (ou bien) accompagné. Quand Abimélec, fils de Gédéon, décida de gouverner en solitaire, il passa, littéralement sur le corps de soixante-dix de ses frères. Son raisonnement fut aussi sombre qu’écrasante : au lieu de chercher un gouvernement basé sur le conseil de plusieurs personnes, il préféra exercer une tyrannie en solitaire (Juges 9:1, 2, 5). Finalement, sa grave erreur généra la perte de la protection divine (verset 22-23) et aussi une mort prématurée et violente (verset 50-54).
  3. Le vaniteux hypocrite. Le désir d’attirer l’attention est une part inhérente du péché, même si ces actions, a priori, sont innocentes et semblables à celle des autres. Dans la Bible, nous avons l’exemple d’Ananias et Saphira (Actes 5:1-10), qui reçurent un châtiment immédiat du Seigneur en donnant seulement une partie de la somme prévue à l’Eglise, dans leur désir d’être admiré par la congrégation, comme l’explique Ellen White : « Ils se rendaient compte, cependant, que ceux qui vendaient leurs biens pour suffire aux besoins de leurs frères indigents étaient tenus en haute estime par les croyants. Honteux alors de laisser voir qu’ils regrettaient dans leur âme égoïste ce qu’ils avaient solennellement consacré à Dieu, ils décidèrent délibérément de vendre leur propriété, et ils prétendirent en apporter tout le produit au fonds général; mais en réalité ils voulaient en garder une grande partie pour eux. » (Ellen G. White, Conquérants pacifiques, page 65) Ce genre d’attitude minent la confiance des membres qui se transforment en apathie, abandon, conflits internes à cause d’un leadership et de la confusion morale. Ces exemples sont communs dans l’Ancien Israël victime durant des siècles de la décadence morale des rois qui désiraient être vénérés comme dieux et qui n’impliquait pas le peuple dans le processus de l’adoration
    véritable.

Tout en commun

Une église fonctionne comme il faut quand tous sont impliqués. Des fois, dans un exercice d’imagination, je réfléchis à un christianisme au sein duquel toutes les choses seraient mises en commun (Actes 4:32). Quand nous sommes capables de nous débarrasser de nos biens matériels en faveur de la communauté de manière désintéressée, il ne reste pas beaucoup pour atteindre le royaume de Dieu. A travers la collaboration de tous les croyants, l’Eglise du Christ a connu une croissance qui menaça l’empire le plus puissant que le monde ait connu.

L’Ancien Testament aussi abonde en exemple à travers desquels nous découvrons la grande puissance que détient l’implication des croyants dans la création d’une communauté religieuse centrée sur Dieu. Trois exemples sont spécialement pertinents :

  • Exode 35 : 4-35 : Quand Moïse demande de l’aide aux Israélites, il savait qu’il ne pouvait construire le sanctuaire sans la collaboration du peuple. La surprise vint quand le peuple ne donna pas seulement ce qu’il avait, mais, à un moment, sa générosité dépassa toutes les prévisions. Quand tu as décidé de suivre le Christ, étais-tu disposé à donner le meilleur de toi pour la différence entre la vie de péché qui invite a être individualiste et la nouvelle vie qui t’intègre dans une communauté ?
  • 1 Chroniques 29 : 1-10 : Dans la maturité spirituelle de son peuple, David était conscient qu’il était nécessaire de faire un effort extraordinaire pour arriver à construire le temple dans un futur assez proche. Israël se montra généreux jusqu’à la démesure, mais le roi, contre toute attente, ne félicite pas le peuple pour ses offrandes, mais attire l’attention sur le fait que Dieu est propriétaire de ces biens. Lorsque tu es en règle avec Dieu, continues-tu à lui donner ce qui lui revient et le remercies-tu pour la possibilité que tu as de la faire ?
  • Esdras 3 : 6-7 : Après le rétablissement d’Israël, les juifs désiraient retourner adorer comme au début, mais ils avaient perdu le temple et pratiquement leurs coutumes. Ce furent des moments de grande peur où il était nécessaire de reconstruire et de soigner, ce qui ne pouvait se faire sans la collaboration de ceux qui revenaient de captivité. A cette occasion, le peuple de Dieu, repentant, montra sa volonté pour l’engagement et l’offrande. Quand tu as abandonné le Seigneur et que tu reviens à lui, continues-tu à collaborer dans ta communauté oubliant les aventures du passé, regardant le futur avec espérance ?

Trois moments clé dans la vie d’Israël. Trois moments clé dans notre vie. Tous naissent en Christ, croissent en lui et, après être tombé, nous nous relevons de nouveau grâce à son aide. Nous pouvons nous demander si dans ces moments, nous nous sommes abandonnés à penser que notre collaboration est indispensable pour que la communauté, notre famille dans le Seigneur, continue à croître et s’enrichir par tout ce que nous apportons.

Il est facile de nous laisser emporter par l’esprit de compétence qui régit la société actuelle, qui nous appelle à investir seulement en nous-mêmes, en dehors des autres, à briller fugacement comme une comète jusqu’à notre propre extinction. Mais, avec Dieu et en collaboration avec les membres de notre nouvelle famille, nous brillerons éternellement. Nous ne sommes pas des êtres spirituels solitaires incapables de prendre soin des autres, mais nous vivons soutenus par toute une communauté qui nous accompagne et nous devenons ainsi complémentaires. N’oublions pas que nous sommes une partie intégrante du peuple auquel nous appartenons, nous sommes appelés pour l’éternité, une éternité que nous sommes tous appelés à vivre.

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