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Le changement annoncé dans la prophétie

Le changement annoncé dans la prophétie

Les Ecritures nous permettent de dire que l’institution du dimanche tire ses origines du “mystère de l’iniquité” (2 Thessaloniciens 2 : 7) qui était à l’oeuvre dès le temps de l’apôtre Paul (voir le chapitre 12 de ce livre). La prophétie du chapitre 7 de Daniel révèle que Dieu avait vu d’avance le changement du jour sacré qu’il avait lui-même institué.

La vision du prophète Daniel évoque les attaques qui allaient être lancées contre le peuple de Dieu et contre sa loi. Le pouvoir assaillant, représenté par une petite corne (et par une bête en Apocalypse 13 : 1-10), devait engendrer une grande apostasie au sein de l’Eglise chrétienne (voir le chapitre 12 de ce livre). Provenant de la quatrième bête (Daniel 7) et destinée à devenir un pouvoir d’oppression après l’effondrement de l’Empire romain (voir le chapitre 18 de ce livre), la petite corne prétend “changer les temps et la loi” (Daniel 7 : 25). Ce pouvoir apostat parvient sans difficulté à séduire la plus grande partie de l’humanité ; mais à la fin des temps, il sera condamné sans appel par le jugement divin (Daniel 7 : 11, 22, 26). Au temps de la dernière tribulation, le Seigneur interviendra en faveur de son peuple et délivrera les croyants fidèles (Daniel 12 : 1-3).

Dans l’histoire du christianisme, un seul pouvoir répond exactement aux données de cette prophétie ; une seule organisation religieuse revendique le droit de modifier les lois divines. A plusieurs reprises, l’Eglise catholique romaine a revendiqué ce droit. Aux environs de 1 400, Pierre d’Ancharno déclarait : “Le pape détient une si grande autorité et un tel pouvoir qu’il peut statuer et se prononcer sur les lois divines et les interpréter parce que son pouvoir ne vient pas des hommes mais de Dieu et qu’il agit à la place de Dieu sur la terre.”1

L’impact d’une telle déclaration a pu être mesuré à l’époque de la Réforme. Luther affirmait que la sainte Ecriture, et non la tradition de l’Eglise, était la boussole de sa vie. Sa devise était “sola scriptura” — “La Bible et la Bible seule.” Johann Eck, qui fut l’un des principaux défenseurs de la foi catholique romaine, a attaqué Luther sur ce point en attestant que l’autorité de l’Eglise était supérieure à celle de la Bible. Il mettait Luther au défi de justifier l’observation du dimanche en lieu et place du sabbat biblique. Voici comment Eck s’exprimait à ce sujet : “L’Ecriture enseigne : “Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier. tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le sabbat de l’Eternel, ton Dieu…” Mais en vertu de son autorité, l’Eglise a substitué le dimanche au sabbat, changement pour lequel tu (Luther) ne peux invoquer aucun texte des Ecritures.”2

Au concile de Trente (1545-1563), qui fut convoqué par le pape pour faire opposition au protestantisme, Gasparo del Fosso, archevêque de Reggio (Calabre, Italie), soulève la même question : “Oui, l’autorité de l’Eglise est mise en lumière au plus haut degré par les Ecritures puisqu’elle les recommande, les déclare divines et les livre à notre lecture (…) Par ailleurs, les préceptes légaux des Ecritures ont été annulés par cette même autorité du Seigneur. Le jour du Sabbat de la loi que nous célébrons se transporte au (jour) du Seigneur. (…) Ce précepte, ainsi que d’autres semblables, n’ont pas pris fin par l’enseignement du Christ (il dit en effet être venu pour accomplir la loi et non pour l’abolir), mais ils ont été changés par l’autorité de l’Eglise.”3

L’Eglise romaine maintient-elle sa position sur ce point ? Dans son édition de 1977, un ouvrage catholique intitulé “The Convert’s Catechism of Catholic Doctrine” reproduit les questions et réponses ci-après :

  1. : Quel est le jour du Sabbat ?
  2. : Le samedi est le jour du Sabbat.
  3. : Pourquoi observons-nous le Dimanche au lieu du Samedi ?
  4. : Nous observons le Dimanche au lieu du Samedi parce que l’Eglise catholique a transféré cette solennisation du Samedi au Dimanche.”4

Dans son best-seller, “The Faith of Millions” (1974), le savant catholique John A. O’Brien parvient à cette conclusion inévitable : “Etant donné que la Bible ne prescrit pas le dimanche, mais le samedi, n’est-il pas étrange que les non-catholiques — qui prétendent que leur religion émane directement de la Bible, et non de l’Eglise — observent le dimanche au lieu du samedi ? C’est une véritable inconséquence. La coutume d’observer le dimanche, ajoute-t-il, est fondée non sur un texte explicite de la Bible, mais sur l’autorité de l’Eglise catholique. Cette observance demeure un rappel de notre Mère l’Eglise dont les sectes non catholiques se sont séparées — comme un fils qui a quitté la maison, mais qui a gardé dans sa poche une photo de sa mère ou une mèche de ses cheveux.”5

Quoi qu’il en soit, l’affirmation de ces prérogatives constitue un accomplissement de la prophétie biblique et contribue à l’identification du pouvoir que l’Ecriture appelle “la petite corne”.

1. Lucius FERRARIS, "Prompta bibliotheca", art. Papa II,30, Naples, 1853, p. 942.

2. Johann ECK, "Enchiridion of Commonplaces Against Luther and Other Enemies of the Church", 3e éd., Baker, Grand Rapids, 1979, p. 13.

3. Gasparo del FOSSO, déclaration faite le 18 janvier 1562, lors de la 17e session du Concile de Trente, d'après la compilation faite par Jean-Dominique MANSI, prélat italien, dans "Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio", Paris-Leipzig, 1902, 33, col. 539, 530.

4. Peter GEIERMANN, "The Convert's Catechism of Catholic Doctrine", Tan Books and Publishers, Rockford, Ill., 1977, p. 50.

5. John O'BRIEN, "The Faith of Millions", édition revue, Our Sunday Visitor Incorporated, Huntington, 1974, p. 400, 401.