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Es-tu vraiment libre ?

Es-tu vraiment libre ?

Le 20 décembre de chaque année, La Réunion se souvient d’un événement majeur : l’abolition de l’esclavage. En 1848, elle tournait une page « juridique » de son histoire.

Venu mettre en application le décret abolissant l’esclavage dans les colonies françaises, Sarda Garriga, fraîchement nommé commissaire général de la République à la Réunion, déclara le 20 décembre 1848 : « La République a voulu faire votre bonheur en vous donnant la liberté (…). Propriétaires et travailleurs ne forment désormais qu’une seule famille dont tous les membres doivent s’entraider.  » Il s’agissait en réalité d’une liberté et d’une fraternité bien relatives. Ceux que l’on appelait désormais les « nouveaux affranchis » ne l’étaient pas réellement, car ils étaient dans l’obligation de signer un contrat de travail avec leurs anciens maîtres, sous peine d’être considérés comme vagabonds et jetés en prison. Beaucoup d’entre eux continuaient d’être traités comme des esclaves par leurs anciens maîtres devenus leurs patrons. Sans remettre en cause cet événement symbolique, il est bon néanmoins de rappeler que cette liberté fraîchement acquise était bien imparfaite. Le 20 décembre ne marquait finalement que le début d’un long combat, un simple changement de statut des esclaves qui n’avait pas changé pour autant leurs conditions de vie.

À bien des égards, notre cheminement spirituel ressemble à celui de l’esclave marron.

Nés dans l’iniquité et destinés à la mort

L’apôtre Paul déclare, dans sa lettre adressée à l’Église Romaine, être « vendu au péché » (Ro. 7:14). L’image est particulièrement pertinente car, comme Joseph qui fut vendu par ses frères comme esclave, nous devenons dès notre naissance les esclaves du péché, « nés dans l’iniquité et conçus dans le péché » (Ps. 51:5). Dès lors, notre nature pécheresse étouffe notre libre arbitre, allant même jusqu’à nous donner l’illusion d’une pleine liberté. Dans le jardin d’Éden, ce n’est pas seulement l’apparence du fruit défendu qui décida Adam et Ève à en manger, mais surtout l’idée qu’il « était précieux pour ouvrir l’intelligence » et qu’il ferait d’eux des êtres semblables à « des dieux » (Gn. 3:5-6). Bien que Satan lui ait promis la liberté, l’être humain est devenu, durant les millénaires qui suivirent, esclave de ses pulsions et condamné à faire ce qu’il ne veut pas et, pire encore, ce qu’il haït (Ro. 7:15). À cause de la désobéissance de nos premiers parents, l’humanité a dû en assumer toutes les conséquences dont une vie d’esclavage se terminant par la mort, « car le salaire du péché c’est la mort ».

Affranchis et destinés à vivre éternellement

Mais, dans sa grande bonté, notre créateur, « ne voulant qu’aucun périsse » (2 Pi. 3:9), nous a racheté par le sang de son fils versé sur la croix du calvaire. Dès lors, notre statut est passé de celui d’esclave à celui de nouvel affranchi. Toutefois, cette liberté ne marque que le début du combat spirituel, car les chaînes les plus coriaces se trouvent en nous. En effet, bien que rachetés par la victoire du Christ sur la mort et sur le péché, notre nature charnelle nous contraint à retourner vers nos anciens liens et nous nous y attachons dangereusement. Mais, afin que « nous ne soyons plus esclaves du péché » (Ro. 6:6), le Christ a crucifié avec lui le « vieil homme », celui qui malgré le rachat demeure dans le péché. Plus qu’un changement de statut, le Christ a ainsi éliminé le dernier obstacle qui nous sépare de la véritable liberté. Nos chaînes furent brisées ce jour où l’esclavage spirituel fut aboli. Par sa mort, Il nous a réconciliés avec Dieu afin de nous « faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche. » Tel a toujours été le plan de Dieu pour chacun de nous, que nous vivions auprès de lui éternellement et libres.

Affranchis, mais ingrats

Mais nous, les affranchis, faisons parfois preuve d’ingratitude. Alors qu’elle venait d’être sauvée de la destruction de Sodome et Gomorrhe, la femme de Lot ne put s’empêcher de regretter ce qu’elle laissait derrière elle. Étonnamment, l’immense privilège que Dieu venait de lui accorder ne lui avait pas suffit ! Sa dépendance aux choses de ce monde l’empêcha de prendre toute la mesure de ce que Dieu venait de réaliser pour sa famille. De même, tout au long de son Histoire, le peuple d’Israël a fait preuve de beaucoup d’ingratitude, allant jusqu’à regretter d’avoir été libéré d’Égypte. En affirmant que « le Christ nous a rendus libres pour que nous connaissions la vraie liberté » (Ga. 5:1 BDS), l’apôtre Paul laisse sous-entendre qu’il existe une « fausse liberté ». Pire que l’esclavage « reconnu », la « fausse liberté » est un esclavage « nié » ; elle consiste à se croire libre sans l’être réellement, nous plonge dans un état de soumission sans égal et nous mène à une mort certaine. Bien que la liberté proposée par Dieu soit complète et parfaite, contrairement à celle de Sarda Gariga, beaucoup d’affranchis retournent vers leur ancien maître et se mettent « de nouveau sous le joug de la servitude. » (Ga. 5:1) Le « vieil homme » ferait-il de la résistance ? Probablement !

Conclusion

Le Christ a déjà tout fait, le reste ne dépend que de nous. Il est plus que temps de vivre pleinement l’abolition de l’esclavage spirituel en offrant « nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » (Ro 12:1). L’apôtre Pierre déclara d’ailleurs que « chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui » (2 Pi. 2:19). Laissons donc Christ triompher de nous. Devenons ce que les Écritures Saintes nous invitent à être, à savoir des « esclaves de Christ ». « Car l’esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur ; de même, l’homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. » (1 Co. 7:22)

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