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Notre Histoire

L'Adventisme à travers l'histoire

L’Église adventiste du septième jour est une « dénomination » chrétienne née d’un mouvement de « réveil » protestant interconfessionnel conduit par le prédicateur baptiste américain William Miller (1782-1849) entre 1831 et 18442. Le mot « adventiste » vient du latin adventus qui signifie « arrivée », « venue », « avènement », en référence au retour du Christ annoncé par la Bible. « Septième jour » désigne le sabbat (samedi), le septième jour de la semaine, considéré par les adventistes comme le jour biblique de repos et d’adoration. Avec plus de 18 millions de membres en 2011, c’est la douzième plus grande organisation religieuse dans le monde et la sixième du point de vue de l’implantation internationale.

Miller croyait que, le 22 octobre 1844, le Christ reviendrait sur Terre et que celle-ci serait détruite. Ses successeurs adventistes proposèrent une nouvelle compréhension de la nature de l’évènement survenu à cette date.

Sous la direction de ses cofondateurs, Joseph Bates (1792-1872), James White (1821-1881) et sa femme Ellen White (née Ellen Gould Harmon, 1827-1915), l’Église adventiste du septième jour fut officiellement organisée en 1860 à Battle Creek dans le Michigan, avant d’établir en 1863 la Conférence générale (la direction mondiale de l’Église adventiste).

Les adventistes du septième jour sont très attachés aux principes de la liberté de conscience dans le respect de l’ordre public et la dignité de la personne, à la séparation des Églises et de l’État et au dialogue interreligieux. Ils sont fortement impliqués dans la défense de la liberté religieuse par leur présence active dans des associations comme IRLA ou AIDLR.

L'Histoire

William Miller

Au début du XIXe siècle, un mouvement chrétien important d’étude des prophéties apocalyptiques des livres de Daniel et de l’Apocalypse se propagea à travers le monde. Plus de quatre-vingts commentateurs de la Bible placèrent l’accomplissement de la période des « 2 300 jours » prophétiques du verset Daniel 8:14 (sur le principe qu’un jour prophétique est une année) à une date située vers le milieu du XIXe siècle (habituellement entre 1840 et 1847), pensant qu’il s’agissait du retour du Christ. Joseph Wolff, un juif allemand converti au christianisme (anglican), annonça ce message au Moyen-Orient et en Inde aux juifs, aux musulmans et aux hindous. En 1801, Manuel de Lacunza, un jésuite chilien, publia Le retour du Messie en gloire et en majesté. Ce livre circula en Espagne, en Italie et dans l’Amérique latine. Des prédicateurs protestants suscitèrent l’intérêt des foules : Louis Gaussen en Suisse et en France, Edward Irving en Angleterre, Thomas Playford en Australie.

Sur la base de cette prophétie de Daniel, William Miller conclut en 1818 que le retour visible de Jésus-Christ aurait lieu vers 1843-1844. Son mouvement prit de l’ampleur et fut appelé « le millérisme » ou « l’adventisme » mais étant interconfessionel, il ne se constitua pas formellement en une organisation religieuse. Assisté de dirigeants millérites comme Joshua Himes, Josiah Litch, Charles Fitch et de prédicateurs de confessions chrétiennes diverses, Miller annonça ce message à travers la Nouvelle-Angleterre. Cet enseignement allait complètement à contre-courant du « (post-)millénarisme », la croyance la plus répandue à l’époque, qui annonçait un millénaire de paix et de prospérité imminent sur terre. Par contraste, les millérites enseignaient l’ascension des croyants au ciel et la destruction de la terre. Sur dix-sept millions d’Américains, 150 000 attendaient le retour du Christ.

Cette prédiction de « fin du monde », fixée au 22 octobre 1844, ne s’étant pas réalisée, ils s’en suivit un « grand désappointement ». Miller reconnut s’être trompé mais il garda sa foi dans la doctrine du retour du Christ et rejeta fermement l’établissement d’une nouvelle date. Ce qui resta du mouvement millérite (54 000 personnes en 1860) se divisa en trois courants : les adventistes spiritualistes qui affirmèrent que Jésus était revenu en esprit à ce moment-là (ce groupe disparut au début du xxe siècle), les adventistes d’Albany qui abandonnèrent toute signification particulière à Daniel 8:14 (ils sont peu nombreux aujourd’hui), et un petit groupe d’adventistes sabbatistes (une cinquantaine de personnes en 1846) qui considéraient qu’il y avait eu une erreur, non sur la date mais sur la nature de l’évènement. C’est ce petit groupe qui grandira pour devenir « les adventistes du septième jour ».

Le courant des adventistes d’Albany (appelés ainsi après une convocation générale à Albany dans l’État de New York en mai 1845) fut de loin le courant adventiste le plus important mais à cause de divergences théologiques, il se scinda en plusieurs églises : l’Église de Dieu (Oregon, Illinois) déjà existant se séparait de ce groupe, les adventistes évangéliques en 1858, les chrétiens adventistes en 1860 et l’Union de l’avènement et de la vie en 1863. Les chrétiens adventistes (25 600 membres en 2006) et l’Église de Dieu (600 membres) sont les seules dénominations du courant d’Albany à avoir survécu14. D’autres Églises dérivèrent d’un des trois courants issus du millérisme, telle que les Étudiants de la Bible qui deviendront plus tard les Témoins de Jéhovah. Ces derniers n’ont aucune affiliation historique avec les adventistes du septième jour.

Congrégation de Frederick Wheeler, la première église adventiste à observer le sabbat, Washington, New Hampshire.

Les adventistes du septième jour sont de loin la dénomination de l’adventisme historique la plus connue et la plus répandue. Dès octobre 1844, Hiram Edson (1806-1882) conclut que Daniel 8:14 prédit la seconde phase du ministère du Christ dans le sanctuaire céleste, non le retour du Christ. Durant la décennie suivante, le développement de cette compréhension conduira à la doctrine du jugement investigatif : un processus eschatologique au cours duquel la vie des chrétiens est passée en jugement et qui confirme la rectitude de la justice de Dieu. Les adventistes continuèrent à croire en l’imminence du retour du Christ mais ils s’abstinrent de fixer une date.

Durant le réveil millérite, les baptistes du Septième Jour agitèrent la question du jour biblique de repos et d’adoration. En 1844, la baptiste du septième jour Rachel Oakes gagna à cette doctrine Frederick Wheeler et peut-être Thomas Preble, deux prédicateurs millérites (respectivement méthodiste et baptiste). Après le désappointement, Preble écrivit un article dans les colonnes du Hope of Israel du 28 février 1845 sur le sabbat (samedi), le septième jour de la semaine (observé par les juifs et les chrétiens du christianisme primitif). Le mois suivant, il publia une brochure, plus fournie en explications. Cet écrit, et une étude avec Wheeler, convainquit Joseph Bates, un dirigeant millérite (de la connexion chrétienne). Sous la direction de Bates, les adventistes se livrèrent dans la prière à une étude intense de la Bible au cours  » des réunions sur le sabbat et le sanctuaire  » (1848-1850). Ils établirent les premiers fondements doctrinaux de l’adventisme (s’ajoutant plus ou moins aux doctrines chrétiennes traditionnelles) : notamment le retour du Christ, le sabbat, l’immortalité conditionnelle et les dons spirituels.

Selon les adventistes, en décembre 1844, Ellen Harmon (qui se maria à James White en août 1846) eut sa première vision à Portland dans le Maine. Elle jouera un rôle important comme guide spirituelle, orientant le mouvement adventiste. Considérée comme une visionnaire, elle écrivit de nombreux ouvrages (55 000 pages dactylographiées) sur la vie et les enseignements du Christ, la vie chrétienne et la compréhension prophétique de l’histoire. Elle contribuera à l’évolution de la jeune Église dans plusieurs domaines particuliers (la vie de famille, l’éducation, la santé, l’action humanitaire, la liberté religieuse, le droit des femmes et des noirs). Grâce à elle, le mouvement prendra une dimension mondiale. Elle contribua à préserver l’unité des adventistes, à désamorcer des crises et à avertir contre des hérésies mais elle ne formula aucune doctrine adventiste, ni n’exerça aucune fonction à la direction de l’Église.

Pour propager les enseignements adventistes, James White démarra en mai 1849 l’impression d’un journal, Present Truth, qu’il renomma l’année suivante Second Advent Review and Sabbath Herald, aujourd’hui l’hebdomadaire Adventist Review, et le mensuel Adventist World publié à environ deux millions d’exemplaires en huit langues (dont le français) et quatre langues supplémentaires sur Internet. En 1855, White créa la première imprimerie adventiste à Battle Creek.

Initialement, les adventistes furent réticents à l’idée de s’organiser en Église. Mais sous l’impulsion de James et Ellen White, ils choisirent le nom  » adventistes du septième jour  » en octobre 1860. Ils étaient alors 3000 membres. Suivant le modèle presbytérien d’organisation ecclésiale, les premières fédérations d’églises adventistes furent organisées en 1861 et 1862. Puis en mai 1863, elles s’associèrent légalement sous une direction générale (la Conférence générale).

S’appuyant sur l’enseignement de la Bible, et sur les conseils d’Ellen White, les adventistes entamèrent une réforme de leur mode de vie dans les domaines de la vie familiale, de la santé et de l’éducation. Les premières institutions apparurent : l’Institut de la réforme sanitaire en 1866, le collège de Battle Creek en 1874, l’imprimerie Pacific Press en Californie en 1874, des restaurants végétariens et des centres d’aides aux défavorisés. Pendant une soixantaine d’années, John Harvey Kellogg (1852-1943), le célèbre médecin et chirurgien, auteur de 57 livres sur la santé, inventeur des corn flakes, du beurre d’arachide et des viandes végétales de substitution, précurseur du jogging, dirigea le Sanitarium de Battle Creek.

En 1864, Michael Czechowski (1818-1876), un ancien prêtre polonais, immigré aux États-Unis, retourna en Europe. Il fonda les premières églises adventistes d’Europe en Italie et en Suisse. Mais le premier missionnaire adventiste officiel fut John N. Andrews (1829-1883), le plus grand théologien adventiste à l’époque. En 1874, il s’établit en Suisse, d’où il fonda la revue francophone Signes des Temps. En 1876, le canadien francophone Daniel Bourdeau (1835-1905) établit la première église adventiste en France10. Au début du xxe siècle, les adventistes avaient établi une présence sur tous les continents, notamment en Australie, en Allemagne, en Scandinavie, en Asie du sud-est, en Afrique du Sud et dans la Caraïbe. Des colons adventistes s’installèrent dans le Caucase du Nord également (alors partie de l’Empire russe).

Avec l’essor des institutions et des missions adventistes, qui entraîna des dysfonctionnements et de fortes contraintes financières, la structure de l’Église adventiste devint inadéquate. Conseillés par Ellen White, les adventistes procédèrent à une restructuration qui décentralisa les décisions et les compétences : la création des Unions en 1897, la grande réorganisation de 1901 (la décentralisation et la création des départements) et l’instauration des Divisions en 1913.

En 1900, il y avait 42 Missions adventistes à travers le monde. En 1930, ce nombre s’était élevé à 270. Cet internationalisation de l’adventisme s’accompagna de la création d’un grand nombre d’institutions locales (des écoles, des hôpitaux, des imprimeries, des orphelinats, des organisations humanitaires) au service des adhérents et des populations indigènes. Après la mort d’Ellen White, le White Estate s’occupa de préserver et de diffuser ses écrits à travers le monde. En France, le Séminaire adventiste du Salève ouvrit ses portes en 1921. En 1926, l’évangéliste Harold Richards fonda Voice of Prophecy, la première radio adventiste, qui émet aujourd’hui dans le monde entier.

Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), la direction adventiste allemande commit une erreur en décidant (sans l’aval de la Conférence générale) d’autoriser le service combattant des adventistes allemands. À l’instar de James White et des conseils d’Ellen White, l’Église adventiste a toujours recommandé le principe du service non combattant, tout en veillant au respect de la liberté de conscience. Croyant que l’initiative de la direction adventiste allemande était approuvée par l’Église, une dissidence d’adventistes allemands se forma. Après la guerre, les dirigeants de la Conférence générale rencontrèrent la direction adventiste allemande et réprouvèrent formellement son attitude. Celle-ci reconnut ses torts. Cet avis n’est pas partagé par tous. Arthur Daniells, le président de la Conférence générale, plaida le pardon et la réconciliation mais les chefs de file de la dissidence refusèrent. La plupart des dissidents réintégrèrent l’Église adventiste mais un petit groupe rompit ses liens avec elle et s’organisa en Église lors d’une réunion à Gotha, en Allemagne, du 14 au 20 juillet 1925. Il se donna pour nom :  » les adventistes du septième jour, Mouvement de réforme « , estimés à 35 000 membres aujourd’hui.

Après l’après-guerre, l’Église adventiste poursuivit sa globalisation en plaçant des dirigeants indigènes aux postes de responsabilité à tous les niveaux de l’organisation. Dans une société en crise et en mutation, elle chercha des solutions bibliques et créatives face aux questions du mode de vie, de la diversité ethnique, des droits des femmes ou de l’éclatement des valeurs familiales en utilisant des outils de recherche plus sophistiqués : l’Institut de recherche géoscience (1958), l’université Andrews (la première université adventiste après la brève existence de l’université du Potomac) créée en 1960, l’Institut de recherche biblique adventiste (1975). En 1950, William Fagal démarra « Faith for Today », le premier programme adventiste à la télévision. D’autres moyens de communication apparurent : Adventist World Radio (en 1971) en 77 langues couvrant potentiellement 80 % de la population mondiale, et la première chaîne de télévision adventiste 3ABN (en 1987). Mais malgré l’augmentation du nombre de « pasteures », l’Église adventiste n’a pas autorisé la consécration des femmes au pastorat lors des deux prises de vote en session générale à Indianapolis en 1990 et à Utrecht en 1995.

En octobre 2009, l’église adventiste totalisait plus de 16 millions de membres baptisés. Étant donné qu’elle est une église confessionnelle (seuls les chiffres des membres baptisés sont comptabilisés), on estime qu’au moins 25 millions de personnes assistent aux services religieux hebdomadaires. En France (métropole, DOM-TOM) sa représentativité est d’environ 100 000 fidèles dont 48 700 membres baptisés (au 1er janvier 2009). Les deux fédérations adventistes françaises métropolitaines ont reçu – le 29 novembre 2003 – l’approbation d’adhésion à la Fédération protestante de France et depuis le 12 mars 2006 y participent pleinement. En 2003, l’Église lança le réseau mondial adventiste de télévision Hope Channel, 24h sur 24 – comprenant à l’heure actuelle 8 chaînes internationales par câble et satellite, et 3 chaînes sur Internet.

Tell the World (Dis-le au monde)

L’histoire de l’église adventiste